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Dans ce bled semi-aride, à la sebkha de zima, l'oiseau, vient admirer le paysage et vivre la tranquilité que lui offrent ces saisons pluvieuses de chemaia.
Quelle tranquilité!! se dit le flamant rose...
*******
***
*



tel un dromadaire

joyeux et solitaire
tel un martinet
léger et fasciné
par les hauteurs
les profondeurs
et que d'amour!!!
l'amour est art
l'art est folie
0670676977/0664118205
 


raffraichissez vous !! ;-)



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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 21:24

 

Amoureux et combattant

 

 

Les signes d'intelligences étaient précoces chez mon ami Abdou. Aussi la turbulence était bien là…et bien d'autres choses …

A l'amour de la mère, s'ajoute celui de la patrie pour que ca génère le droit de combattre l'ennemi…l'ennemi qu'il faut identifier, observer, poursuivre et choisir le lieu et le moment opportun pour frapper à coup sûr et avec les moyens de bord.

Ainsi notre ami Abdou aimait sa mam à ne pas tolérer le moindre sous-estime à sa personne ou même jouer sur les lettres de son prénom, Fatima c'est Fatima et non Fattouma comme son père se plaisait à l'appeler.  

A chaque fois que c'était le cas, notre enfant, se faisait crisper les lèvres, concentrer le regard vers le néant et rythmer le souffle en l'accompagnant avec des mouvements périodiques des narines…ce qui caractérisait un fond en ébullition.une scène qui se répétait…

Que pouvait faire un enfant pour venger sa bien aimée et sacrée mam!? Que pourrait-il faire dans une société où le châtiment variable incontournable dans l'éducation des enfants!? Le père ne disait-il pas au Fquih  "maître de l'école coranique ou Msid"

  " انت ادبح وأنا نسلخ "  "Egorge mon enfant et moi je le dépouille";

Ce qui signifiait qu’il ne fallait en aucun cas être tolérant dans l'éducation des enfants. A cela s'ajoutait le fait que: "le bâton émane du paradis, et que celui qui le goute , au droit chemin se mit "

  "لعصى جايّة من الجنّة، واللّي كلّها يتهنّى"

La question est que devient ce bâton dans les mains d'un éducateur ignorant!?

 

Bref, fond en ébullition mais bâton trop grand…L'amour de la maman ne suffisait pas à Abdou pour qu'il se mette à l'action…

 Ainsi, à l'amour de la maman, s'ajoute l'amour de la patrie en sa dimension locale, soit son bled Chemaia, " Ah ya chemaia lahbiba" : Ô Chemaia bien aimée!!

   

 Les occupants d'une nation portent des uniformes militaires!...ils portent toujours ça .ils sont pareils même si leurs uniformes sont différents. C'est logique pour un esprit logique tel celui de l'enfant qui était notre enfant Abdou.

Et…dans sa patrie Chemaia…pourtant bien calme et pacifique, Abdou se rend compte de la présence des uniformes militaires…l'ennemi gutte la patrie!?

d'où viennent –ils!?    -

- qui sont-ils!?

   Alors ,Abdou passe à la filature, chose qui n'était le moins difficile pour le petit enfant qui était Abdou.ils sortent et rentrent à la caserne juste à la périphérie de la patrie locale Chemaia. Ils sont nombreux et ils parlent arabe et berbère…

L'esprit à Abdou est confus, il se met en ébullition. Que de questions restaient sans réponses! Mais une seule le préoccupait: Que faut il faire pour les empêcher de s'en prendre à la patrie!?...

Tous les trucs appris dans les dessins animés sont là. Mais à qui va-t-il se prendre!? …ils sont nombreux et bien forts pour les combattre corps à corps. Faut-il les attirer dans des pièges puis les exécuter comme faisait Aicha Kandicha

عايشة قنديشة"

  .Ainsi il faut les guetter, les poursuivre, les observer et le moment opportun passer à l'action…

Abdou est déchiré entre l'amour de la mère et celui de la patrie toutes les deux bien aimées. Ah…si Allah le tout puissant voulait l'aider à venger ses deux bien aimées ! ...

Abdou s'est rendu compte que son père n'était jamais là quand il se réveille le matin et le soir quand il revient de chez les potes, son père était bien à la maison. Le père était matinal, il fait sa prière de l'aube, prend son petit déjeuner et s'en va au boulot avant même que Abdou ne soit réveillé.

 

Les jours passaient et les narines de Abdou ne se sont reposées de leurs mouvements périodiques…Et puis , un soir, Abdou est rentré tôt à la maison , trop tôt peut-être!? . Il était à la cuisine, il buvait son thé refroidi avec une miette de pain, quand il entendit la serrure  et la voix de son père : Fattouma…Fattouma!!... WA FATTOUMA!! (oh Toi Fattouma!?)

Le souffle de Abdou s'accentua, les mouvements des narines prennent de l'ampleur, sa poitrine ne contenait plus son cœur…il allait sauter le cœur à l'extérieur!... Abdou se retient mais n'a pu s'empêcher de dérober un regard à son ennemi maternel…Il tendit discrètement le cou en concentrant le regard vers la source de cette voix!...et…

Le souffle se coupa, le regard se fixa, le cœur s'accéléra et les yeux dans le sang…

  " يا الحفّارين لقْبورب لمهلْ يالرفّادين النّعْشْ باثمانية هذا اشباب اصغير ما اشبعْ في الدّنْيا"

    Ô creuseur de tombes! َ Allez-y en douceur…Ô  les huit transporteurs ! D'un jeunot , il s'agit, de la vie n'est encore satisfait " Chanson Bensoussan", l'ennemi de la patrie, celui qui porte l'uniforme est à la maison. Abdou a dû s' essuyer les yeux plusieurs fois pour s'assurer.

 le père… idole enfoui… ennemi maternel…porte l'uniforme!!ِMais c'est bien cela,

ramenons les choses à leurs fins, notre ami Abdou va-t-il combattre ou plier le drapeau!? Va-t-il déterrer la hache ou fumer le calumet de la paix !?

c'est bien difficile de prévoir dans le cas de notre Abdou…Il s'est glissé à l'extérieur, laissant son gouter devenu bien amer…Il n'a pas cherché à rejoindre les potes…Il a laissé à ses pas de les conduire

"لا اسْماحة للّرجليّا يلاوحو فيّا"

Abdou s'est retrouvé au-delà de la caserne un peu vers la fin des arbres de la route de Chemaia vers Chichawa et Agadir…il disposait d'assez de temps, c'était les vacances. Qu'est ce qui s'est passé durant ces heures interminables qu'il a passé à côtoyer cette ligne double d'arbres …a-t-il pleuré! S'est il explosé en criant au haut de sa voix!? Ou simplement, il a su concentrer sa détresse pour revenir bien décidé à la bataille contre l'ennemi double et de la mère et de la patrie!!

Il est clair, Claire, que notre ami Abdou a opté pour le combat. Un peu de baroud (explosif dont on se sert à la fantasia) que Abdou n'a pas peiné à récupérer de chez les potes dont les pères faisait la fantasia .c'est le bombardement alors! Mais comment allait-il procéder !? là , tout ce qu'il avait appris aux dessins animés était présent. Abdou a poursuivi son père dans la plus inaperçue des filatures que les services secrets du monde ont pratiqué à ce jour. En effet, il ne s'agit que d'un gamin qui suivait son père de loin. Qui se douterait de ce qui se passait à l'intérieur de la petite tête de Abdou…A sa grande surprise voire satisfaction étrange, le dit son père ne porte pas seulement l'uniforme, il ose entrer dans le camp de l'ennemi à savoir la caserne des goumiers.la filature s'est répétée plusieurs fois après quoi, Abdou conclu que l'attaque ne pourrait se faire sur la route de la caserne, bien trop de monde qui saluaient son père dans son allée et retour caserne/ maison…Solution de rechange, bien qu' elle soit dure mais elle est sûre …c'est attaquer l'ours dans sa propre taverne…

Abdou ne sortait presque plus de chez soi, il inspectait les lieux , suivre attentivement les activités du père à la maison , quand ,où, comment dans les plus fins détails…

Ainsi, le père est le premier à rentrer à la chambre à coucher quand à la maman, elle s'attarde à la cuisine pour laver la vaisselle, après quoi, elle passe pour contrôler les enfants, s'ils sont dans leur lit et bien couvert…ils sont tous sages, excepté ce trouble fête de Abdou qui n'est plus dans son assiette , il semblait grandir d'un empan…

Le lieu de la première bataille est fixée alors, c'est la taverne de l'ours, Abdou n'est plus rassuré pour sa mam avec ce double ennemi!

   Le jour est bien arrivé, après la prière de l'Asre (3éme prière de la journée vers 16heures), Abdou passa à l'action. Alors que sa maman nettoyait le blé en le séparant des graines nuisibles et des cailloux en utilisant le crible et "tbag" un récipient artisanal pour l'envoyer ensuite au moulin, Abdou se glissa à la chambre à coucher. Il enleva l'ampoule , l'ouvrit et y plaça un mélange de baroud et de l'explosif des pétards  de façon à ce que l'étincelle crée par le passage du courant lance le bombardement et meut ô toi l'ennemi et rival!!

C'est 18heures et 20 minutes, le père est de retour, Abdou guette impatiemment l'entrée de l'ours à la taverne. Il est agité ému et les narines accentuent leurs mouvements périodiques…et puis , le moment est venu, le père a fait la prière, a pris son diner et se dirigea vers sa chambre à coucher s'attendant à un repos bien mérité …Abdou cessa de guetter, il était plutôt terrifié de ce qu'il allait se passer…et puis , un BOUM pas comme celui des pétards, il avait un autre gout , celui de la vengeance double . l'ampoule en haut au centre de la chambre était suffisamment loin de l'interrupteur mais pas assez pour que le visage du père ne soit tout noir et légèrement atteint. Un hurlement perplexe accompagna l'explosion et des Fatima…Fatima …à moi Fatima ont suivi le hurlement….Et je ne vous dis pas de quelle façon notre Abdou a subi le châtiment…Mais, plutôt, comment il l'a pris et quelles réactions cela a généré chez lui. Tout court, dans la petite tête de Abdou, le châtiment s'est traduit par un continuum d'attentats contre l'ennemi et rival…

 

  A chaque action/vengeance de Abdou, une réaction /châtiment de son père. Et ensuite un acte bien réfléchi et exécuté avec un sang froid par Abdou lui-même qui n'agissait qu'en solitaire. Un thriller pas comme les autres!

 

La cuisine est au fond de la maison, et au fond de la cuisine, il y a une chambre de stock des provisions mensuelles "beit lekhzine". On y accède en descendant d'un pas et en se servant de la lumière de la cuisine. Au plafond, juste au milieu, le crochet de la fête du sacrifice du mouton où on accroche le mouton égorgé pour le laisser sécher pour une journée. Au fond de beit lekhzine, il y avait trois sacs de blé superposés.

Abdou et après longue réflexion, s'est servi d'une longue corde de lin qu'il a nouée autour du sac de blé juste en haut, il a bien aménagé le sac de façon à ce que le moindre geste le fera tomber, ensuite il a fait passer la corde par le crochet de la fête. L'autre bout sous forme d'un nœud qui se serre sous le moindre étirement, Abdou le dissimula en le posant sur un skateboard juste au milieu. Le skateboard a été ensuite placé juste devant la porte de la chambre de stock, là où le père qui détenait les clefs mettra son pied. Abdou ne sortait plus de la maison, il guettait le gibier et le piége.et puis le père fut son entrée tant attendu à la chambre pour poser bien son pied sur le skateboard là où il fallait…le skateboard roula pour emmener le père dans un mouvement horizontal vers les sacs de blé , qui en tombant, tirent la corde qui suit un mouvement reptilien en passant via le crochet et bien sûr en accrochant l'ennemi/rival par le pied au plafond %

 Zaki

Chemaia

21/04/2010

 

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