telle l'eau, n'arrive même pas à se tenir debout... elle fait son chemin à travers les profondeurs...
Souvenir 4:
Deux mulets " jouje bghals"

Pour être atteint de cet amour majestueux de la montagne, il m'a fallu deux périodes, en compagnie de mon cher ami Ahmed, qui avait eu l'idée d'aller à la rencontre de notre amie la montagne…qui me manque tellement d'ailleurs…
Nous marchions à volonté, nos sac à dos devenaient plus lourd avec le sentier muletier et l'accentuation de la pente…on avait un don pour l'adaptation aux différentes situations…on était fort par nous même et grâce à notre amitié , notre fraternité…tout était nouveau, le relief du roc, les couleurs des fleurs de montagne très nuancées et surtout claires…et même les corbeaux prés du refuge de Toubkal avaient un noir extraordinaire , on se plaisait à les regarder de prés à essayer de les attraper et même à les faire chier , comme on faisait avec les potes de Chemaia lors du beau vieux temps…
On commençait la marche presque toujours bavards pour la terminer plus ou moins silencieux…on s'arrêtait toujours à mi chemin pour préparer le thé …On prouvait un plaisir énorme à ramasser les petites branches même humides pour faire le kanoune, on creuse quelques centimètres de terre autour de quoi on pose trois pierres en forme de triangle qui servent à tenir le récipient juste en haut du feu qu'on brûle à l'aide des branches…c'est toujours un très bon thé grâce au plaisir qu'il l'accompagne et par le fait que le meilleur cuisinier est la faim…
On prenait 20 à 30 minutes, et la marche recommence…on suivait parfois une caravane avec des mulets qui nous proposent de nous aider à transporter nos sacs à dos…à leur surprise on refusait toujours…on se disait que si les mulets y arrivent c'est que nous aussi on arriverait, c'est pourquoi on a donné à notre randonnée le nom de "jouje bghals" deux mulets, c'est-à-dire Tahri et Zaki …
zaki ,chemaia
07/09/2009